Grossesse et huiles essentielles

Quelles sont les huiles essentielles que l’on peut utiliser sans risque en étant enceinte ? A partir de quel stade de la grossesse? En quelle quantité ? Comment ? Et pour soigner quels maux? Il est tout à fait légitime et respectable pour la future maman de se poser ce genre de questions avant une éventuelle automédication par l’aromathérapie. Malheureusement, très souvent, ces questions resteront sans réponse dans le meilleur des cas ou se verront affligé la réplique nette et précise – parfois même hautaine, osons le dire ! – suivante « il ne faut surtout pas utiliser d’huiles essentielles lorsqu’on est enceinte, voyons ! ».

J’ai tellement lu ou entendu cette réponse que ça m’a encouragé à écrire ce petit article pour les futures mamans qui auraient envie de soulager leurs maux ou tout simplement d’accompagner leur grossesse avec les huiles essentielles.

 

Pour commencer, quelles sont les huiles essentielles que je peux utiliser sans risque durant ma grossesse ?

Pour faire simple, je vais répondre à cette question en vous mentionnant les huiles essentielles que vous ne pouvez PAS utiliser. Car, globalement, vous pouvez utiliser TOUTES les huiles essentielles lorsque vous êtes enceinte, sauf :

 

Les huiles essentielles utérotoniques

Les huiles essentielles dites utérotoniques peuvent provoquer des contractions ! Ce que nous voulons évidemment éviter jusqu’au terme de la grossesse. Bah oui ! Petit poussin doit rester bien au chaud dans le ventre de maman jusqu’à la 40ème semaine !

Voici la liste des huiles essentielles utérotoniques les plus connues : Sarriette des Montagnes (Satureja montana), Serpolet (Thymus serpyllum), Origan (Origanum compactum), Origan d’Espagne (Corydothymus capitatus), Thym thymol (Thymus vulgaris CT Thymol), Girofle (Eugenia caryophyllata), Basilic Saint (Ocimum sanctum), Cannelle de Chine (Cinnamomum cassia), Cannelle écorce - cortex (Cinnamomum zeylanicum (éc), Cinnamomum verum (éc)), Cannelle feuille – foliae (Cinnamomum zeylanicum (fe), Cinnamomum verum (fe)) Palmarosa (Cymbopogon martinii), Thym géraniol (Thymus vulgaris CT géraniol), Monarde (Monarda fistulosa).

Ce sont par contre ces mêmes huiles essentielles que nous utiliserons pendant l’accouchement si l’on souhaite accompagner son travail avec l’aromathérapie. Mais ceci fera l’objet d’un autre article, si cela vous intéresse ?

 

Les huiles essentielles neurotoxiques et abortives

De manière générale, ces huiles essentielles doivent être employées avec prudence, en faible quantité et sur une courte période. Mais elles sont strictement interdites chez la femme enceinte car elles peuvent entraîner la mort du fœtus ! Ces huiles essentielles ne seront non plus pas employées pour le traitement en automédication chez un enfant de moins de 7 ans (sauf avis d’un spécialiste).

Voici la liste des huiles essentielles neurotoxiques les plus connues : Absinthe (Artemisia abbsinthium), Achilée (Achillea millefolium), Acore vrai (Acorus calamus shyobuniferum), Aneth (Anethum graveolens), Armoise (artemisia vulgaris), Camomille bleue de l’Atlas (Tanacetum annuum), Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica, bois), Cède de l’Himalaya (Cedrus deodora), Ciste (Cistus ladaniferus), Curcuma (Curcuma longa), Cumin carvi (Carum carvi), Eucalyptus globulus, Fenouil doux (Foeniculum vulgare), Geranium rosat et bourbon (Pelargonium asperum), Hysope off (Hysopus officinalis), Immortelle (Helichrysum italicum), Lavande aspic (Lavandula latifolia), Lavande stoechas (Lavandula stoechade), Menthe des champs (Mentha arvensis), Menthe verte (Mentha spicata), Menthe poivrée (Mentha piperita), Romarin off CT bornéon, Romarin off CT 1,8 cinéol, Romarin off CT verbénone, Sauge officinale (Salvia officinalis), Thuya (Thuya occidentalis), Vétiver (Vetivera zizanoïdes).

 

Les huiles essentielles ayant une action hormonale

On n’utilisera pas d’huiles essentielles ayant une action hormonale durant toute la durée de la grossesse. En effet, le corps d’une femme enceinte produit déjà ces hormones en grande quantité et mieux vaut ne pas s’en mêler !

Les huiles essentielles œstrogène-like : certaines huiles essentielles soutiennent la production et l’action des œstrogènes, il s’agit notamment du Fenouil doux, de l’anis vert, de l’anis étoilé, de la sauge sclarée et de la sauge officinale.

Les huiles essentielles progestérone-like : certaines huiles essentielles vont soutenir la production de progestérone, il s’agit du Vitex, du Bois de Siam, de la Menthe bergamote, du Romarin à verbénone et du Vetiver.

 

De manière générale, que l’on soit enceinte ou non, il convient de connaître les contre-indications potentielles des huiles essentielles que l’on va employer. Il est très important de ne jamais utiliser une huile essentielle dont on ne connaît pas ses contre-indications. Ces dernières années, la littérature s’étant bien étoffée d’ouvrages en aromathérapie, vous devriez être en mesure de trouver ces informations. De plus, les bons sites de ventes en ligne fournissent également ces informations (onglet fiche technique).

 

A partir de quel stade de ma grossesse puis-je utiliser les huiles essentielles ?

Personnellement, je conseille toujours d’attendre les 3 premiers mois de grossesse avant d’employer les huiles essentielles. Non parce que les huiles essentielles sont dangereuses - on vient de voir que seules certaines le sont, les autres peuvent être utilisées sans aucune crainte – mais parce que la probabilité de faire une fausse couche est plus élevée durant le premier trimestre. Dès lors, il serait dommage d’incriminer les huiles essentielles alors que la responsabilité appartiendrait davantage à la nature ou encore la fatalité.

 

Comment utiliser ces huiles essentielles et en quelles quantité ?

La prudence veut que la voie interne incombe aux professionnels (aromathérapeutes et naturopathes). En automédication, il est possible d’utiliser la voie olfactive (diffusion) ainsi que la voie cutanée. Croyez-en mon expérience, ces voies-là s’avèrent tout aussi efficaces et nettement plus simples d’utilisation !

 

En diffusion

Vous pouvez diffuser les huiles essentielles par tranche de 20 minutes 3-6x/jour, ou même plus, la diffusion n’a aucune contre-indication, seul le bien-être entre en jeu. Parfois, une diffusion trop longue ou trop forte peut entraîner des nausées ou encore des maux de tête – encore plus lorsqu’on est enceinte ! - A vous de gérer votre diffusion afin qu’elle vous soit pleinement bénéfique !

Soulager les nausées : citron, gingembre et eucalyptus radiata ou citriodora

Se détendre : lavande vraie, géranium rosat ou bourbon (Perlargonium graveolens) , Ylang Ylang, Jasmin, Néroli, Petitgrain bigarade, Rose

Assainir l’atmosphère (pour vous protéger des virus) : Pin sylvestre, Ravintsara, Eucalyptus radiata, Lavande vraie, Citron

 

 

En application cutanée

Les huiles essentielles s’appliquent toujours diluées. On les dilue généralement dans une huile végétale (Huile d’Olive, Huile de Sésame, Huile de Jojoba, Huile d’Abricot, etc.). Le pourcentage de dilution varie selon l’utilisation.

Pour un massage de bien-être : 3-5% d’huiles essentielles (soit 18-30 gouttes d’huiles essentielles dans 30 ml d’huile végétale). Application 1x/jour ou selon besoin.

Pour une onction thérapeutique : 15% d’huiles essentielles (soit 90 gouttes d’huiles essentielles dans 30 ml d’huile végétale). Application 3-6x/jour jusqu’à amélioration.

  

Finalement, que puis-je soigner avec les huiles essentielles ?

Bon nombre de petits troubles peuvent être au mieux soignés mais en tous cas significativement apaisés grâce aux huiles essentielles. Vous pouvez par exemple les employer en cas de :

  •          Constipation
  •          Douleurs musculaires
  •          Varices, jambes lourdes
  •          Hémorroïdes (en onction locale pas plus de 3% d’HE)
  •          Angoisses
  •          Troubles digestifs
  •          Nausées
  •          Grippes
  •          Troubles ORL (sinusite, rhume, otite…)
  •          Stress
  •          Etc.

  

Et pour les Mam’allaitantes ?

Il est également tout à fait possible d’utiliser les huiles essentielles durant toute la période de l’allaitement. Dans ce cas-là, les mêmes consignes que pour la future maman s’appliquent, à l’exception qu’il vous est désormais possible d’utiliser les huiles essentielles utérotoniques. De toute évidence, si vous allaitez, bébé est déjà là, donc plus aucune crainte pour les huiles essentielles qui provoquent des contractions ;)

Soyez cependant méfiantes, la plupart des huiles essentielles utérotoniques sont également dermocaustiques (elles brûlent la peau !), c’est notamment le cas pour : Sarriette des Montagnes (Satureja montana), Serpolet (Thymus serpyllum), Origan (Origanum compactum), Origan d’Espagne (Corydothymus capitatus), Thym thymol (Thymus vulgaris CT Thymol), Girofle (Eugenia caryophyllata), Basilic Saint (Ocimum sanctum), Cannelle de Chine (Cinnamomum cassia), Cannelle écorce - cortex (Cinnamomum zeylanicum (éc), Cinnamomum verum (éc)), Cannelle feuille – foliae (Cinnamomum zeylanicum (fe), Cinnamomum verum (fe)).

 

J'arrive au terme de ce billet, j’espère vous avoir rassurées quant à l’utilisation des huiles essentielles durant la grossesse et l’allaitement. Il serait vraiment dommage de vous en priver car elles peuvent vous épargnez bien des maux.

Et même si vous avez la chance de ne souffrir d’aucun petit bobo – si, si, ça peut arriver – et bien, sachez que les huiles essentielles s’avèrent exceptionnelles en accompagnement afin de créer un lien avec bébé en partageant des moments de douceur et de complicité et vous aider lors de l’accouchement !

N’hésitez donc pas à ouvrir vos ouvrages d’aromathérapie et préparer vos potions magiques, si les huiles essentielles ne comportent aucune contre-indication, vous pouvez vous jeter à l’eau et profiter pleinement des pouvoirs de ces merveilleuses petites huiles.

 

 

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